12 mars 2011 - Course de luge


Des durs sur du mou...

Têtue et motivée, la Société de Développement du Pont a organisé le 12 mars sa traditionnelle course de luges dans les environs de la buvette du Crêt-Blanc. Ce dernier clin d’œil à un hiver moribond n’a cependant pas attiré les foules. Ramollo, mais rigolo…

 

Ordinairement joyeux prétexte à faire les singes sur de drôles d’engins glissants, la mythique compétition de la SDP a connu cet année un succès très relatif. Détachée de l’habituelle raclette offerte aux nouveaux habitants du Pont qui s’est déroulée le 19 février et reportée à des jours meilleurs, cette sympathique manifestation n’a vu, cette année, que onze équipages mouillés leurs pantalons. Pas de quoi casser trois pattes à un canard…

«On s’attendait un peu à une baisse de fréquentation, mais nous étions trop heureux d’avoir encore de la neige pour envisager d’annuler la course», a expliqué le président de la SDP, Michel Jossevel.

 

Après une minutieuse reconnaissance et des essais concluants effectués le vendredi, les organisateurs ont, en effet et comme on dit, «fait avec» et opté pour une pente située au revers, quasiment en face du chalet des Places. Le seul endroit encore suffisamment enneigé, mais au demeurant très bien adapté et déjà testé pour les mêmes raisons météorologiques en 2008.

 

Le froid n’étant pas de la partie, c’est sur une neige molle que petits et quelques grands ont joué les hommes-grenouilles, le temps de deux manches. Conditions obligent, les luges chères à nos aïeuls ont été judicieusement laissées aux vestiaires et remplacées par ces merveilleux engins en plastique, modernes, colorés et munis de frein à l’efficacité toute relative que sont les bobs.

 

Du côté de la classe humoristique, pas de grosses folies non plus pour les deux équipes en liste à savoir «La sortie de l’EMS» et «Les blondes en folie». Ces dernières, assises sur des snowboards, ont cependant osé un périlleux détournement de fonction, ce qui, soit dit en passant ne les pas empêché de se faire aplatir par le gang de patriarches en bas de rétention.

 

Si les catégories très limitées des adultes restés mômes et de leurs chères têtes blondes ont donné dans le plus conventionnel, l’on se doit de noter l’excellente performance de Jacques Bodenmann, adepte de rallyes vrombissants s’il en est, qui pulvérise le record de la piste avec un temps canon de 19 secondes 8, départ arrêté.

 

Egalement à signaler, la mésaventure dont a été victime Michaël Brühlmann, illustre municipal du Lieu, stoppé net par un freinage involontaire (une histoire de ficelle, parait-il!) qui laissa son bob une dizaine de mètres derrière lui à quelques mètres de l’arrivée (voir photo).

 

Comme on peut s’en douter, ces petites péripéties n’ont nullement perturbé l’ardeur des compétiteurs et l’enthousiasme légendaire des organisateurs.

 

Faute de vraiment glisser, les choses ont donc bien roulé en cet après-midi de fin d’hiver. En conséquence, la Société de Développement du Pont est fermement décidée à remettre la compresse l’an prochain.

 

En shorts ou en combinaisons de ski, le rendez-vous est donc pris… Il reste juste à savoir quand!

 

Alex Charmey, Feuille d'Avis de la Vallée de Joux, parution du 17 mars 2011